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  • Antonio Perez Balarezo

L’utilisation des instruments comme base pour comprendre le degré de développement technologique

Mis à jour : avr. 5

Plus bas, traduction portugaise par Kaira Rocha Costa.

Abaixo, tradução para o português de Kaira Rocha Costa.


Ignacio Clemente-Conte

Archaeology of Social Dynamics (2017SGR995).

CSIC- Institución Milá y Fontanals (IMF). Barcelona.

http://www.asd-csic.es/

Citer cet article

Clemente-Conte, Ignacio. « L’utilisation des instruments comme base pour comprendre le degré de développement technologique », 4 avril 2020.



Introduction


La tracéologie appliquée aux matériaux archéologiques (Semenov 1964) ne consiste pas seulement à étudier les traces d'utilisation, mais comprend également l'étude d'autres types de traces liées à d'autres processus tels que: la fabrication ou l'entretien des instruments, les altérations taphonomiques ou encore l'étude des traces de transport (Gyria 2004, Mazzucco et Clemente-Conte 2013), entre autres. Par conséquent, cette méthode analytique, basée sur l'expérimentation et la comparaison des résultats, est essentielle à appliquer car elle fournit des informations et des connaissances essentielles pour aborder l'étude de ces processus et d'autres processus sociaux (Clemente-Conte 2017). Du point de vue théorique sur lequel nous nous basons (Clemente-Conte 1997, Clemente-Conte et al. 2019), ces analyses nous permettent de classer les restes lithiques, par exemple, en tant qu'instruments, déchets ou produits jetés (Clemente-Conte 1997; Briz et al. 2005). Considérant comme un instrument ou un outil tous les vestiges archéologiques qui montrent des traces d'intervenir dans un processus de production (boucherie, charpenterie, moisson, etc.) sur leurs surfaces, de sorte qu'un instrument ou un outil peut être soit un éclat, une lame ou tout autre support non retouché ou retouché qui est utilisé dans une activité productive. En effet, il est connu, et par coïncidence à différents moments de l'histoire, que certains bords soient retouchés afin de pouvoir les saisir et ne pas se blesser les mains lorsque les bords opposés étaient utilisés comme éléments de coupe, par exemple. Ainsi, certains produits retouchés ont été classés comme « racloirs » alors qu’en fait ils étaient utilisés comme couteaux (Clemente-Conte 1997 et 2013). Par conséquent, une simple classification « typologique » n’explique pas l’utilité des différents moyens de production tels que les instruments de travail et ne nous aide donc pas à étudier le développement technologique des groupes humains qui les ont mis en fonctionnement dans leur travail productif.

Connaître comment une population intervient dans l'environnement par le travail d’exploitation des différentes ressources, peut nous fournir des données de base sur le comment, avec quels instruments et de quelle manière ont été produit les différents biens de consommation, nécessaires à la subsistance et reproduction des êtres humains (Fig. 1). Pour parvenir à cette connaissance sur le degré de développement technologique des sociétés étudiées, il faut non seulement savoir comment sont fabriqués les différents instruments de travail, ainsi que les différents produits et savoir quels déchets sont générés au cours des différentes activités de ces processus de production, mais il faut aussi savoir comment ces instruments ont été utilisés et sur quels matériaux ils ont fonctionné. Dans les cas où il est possible, d'essayer aussi d'élucider qui a effectué le travail (Clemente-Conte 2017).




Figure 1. Schématisation du rôle du travail comme moyen de production pour obtenir des biens de consommation (D’après Terradas 2001, Clemente-Conte et al. 2019).







Application de l'Analyse Fonctionnelle aux matériaux du Piauí


Il existe plusieurs gisements dans lesquels, avec différents degrés d'intensité, nous avons analysé des matériaux aux niveaux macro et microscopique, pratiquement dans tous les sites étudiés par la Mission Franco-Brésilienne du Piauí. Ainsi, parmi les sites de la cuesta, dans la zone de grès : certains matériaux de Boqueirão da Pedra Furada, Sitio do Meio, etc. ; avec une plus grande intensité, Vale da Pedra Furada; et dans les gisements situés dans les affleurements calcaires, nous avons entièrement étudié Toca da Pena et Tira Peia, et seulement certains matériaux de Toca da Janela da Barra do Antonião.

Néanmoins, les premières analyses pour identifier des traces d'utilisation dans les matériaux du Pléistocène de la Serra da Capivara ont été effectuées par l'anthropologue nord-américain Dr. Robson Bonnichsen (1940-2004). Malheureusement, il n'a jamais publié ses résultats, mais il doit être reconnu pour un excellent travail sur quatre pièces de Boqueirão da Pedra Furada, commandé par Mme. Dre. Niède Guidon. Dans les rapports envoyés par M. Bonnichsen à Mme. Guidon, nous avons pu observer les enregistrements macro et micro-photographiques qu'il avait effectués. Ce chercheur a reconnu l'origine anthropique de ces galets de quartz taillés et a pu localiser et enregistrer une série de traces attribuables à l'utilisation comme instruments de travail. Malheureusement, la mort l'a surpris avant de pouvoir publier ces données et ainsi approfondir ce domaine de recherche avec ces matériaux si anciens.

Je saisis cette occasion pour rendre publique une des pièces qu'il a analysées. C'est un galet en quartz, avec le sigle nº 18326, d'environ 8 cm de long, qui montre une série d'extractions sur les deux faces. À son extrémité distale, un bord denticulé est formé en raison de l'utilisation. En raison des caractéristiques des traces, il s'agit d’un instrument qui a travaillé sur un matériau abrasif, de dureté moyenne à dure, dans une action de brossage / grattage transversale, comme l'indiquent clairement les rainures longues et profondes perpendiculaires au bord actif (Fig. 2).


Figure 2. Pièce nº 18326 de Boqueirão da Pedra Furada. Photographies prises par R. Bonnichsen (1940-2004). Montage d’I. Clemente-Conte.

Il convient de noter que, bien que la discussion sur l'origine anthropique de ces instruments se poursuive encore aujourd'hui, les travaux menés par d'autres chercheurs ont déjà montré que la nature elle-même ne pouvait pas obtenir certains types d'outils (qui ont été bien décrits dans des travaux antérieurs).


« La nature elle-même ne peut pas obtenir certains types d'outils »

Je me réfère principalement aux travaux expérimentaux et à l'analyse des matériaux archéologiques effectués par M. Dr. Eric Boëda, dont la bibliographie se trouve sur cette même site internet . Ainsi, dans ces travaux, il a été possible de déterminer différents types d'instruments, parmi lesquels on met en évidence des « rostres », « becs », « tranchants denticulés », autres tranchants transversaux, etc.; ainsi que d'autres instruments massifs. L'analyse des traces d'utilisation que nous avons réalisée nous a permis de déterminer avec une plus grande fiabilité qu'il s'agit de véritables instruments de travail, car seul le contact avec des matières végétales, animales et / ou minérales dans différentes actions peut être à l'origine des altérations enregistrées sur les surfaces.

La plupart des analyses que nous avons menées n'ont pas encore été publiées. Dans la bibliographie partagée à travers cette site internet, vous pouvez accéder à un travail où nous présentons l'expérimentation réalisée pour analyser les traces d'utilisation dans les pièces en quartz de la Serra da Capivara (Clemente-Conte et al. 2017a), ainsi que les traces formées dans les différents types d'instruments du site de Vale da Pedra Furada (Clemente-Conte et al. 2017b). De plus, nous avons constaté l'utilisation des emmanchements pour certains instruments qui, en raison de leur taille et de leur morphologie, ne pouvaient pas être utilisés autrement (Clemente-Conte et al. 2017c).

Ainsi, après avoir analysé quelque 400 instruments de Vale da Pedra Furada, nous avons pu vérifier que, à quelques exceptions près, les « rostres » étaient principalement utilisés dans des activités de découpage et, en particulier, dans des activités de boucherie; tandis que les « becs » sont intervenus dans des actions transversales et pour travailler des matériaux moyennement durs et durs (bois, matériau animal dur, etc.). Nous avons également pu vérifier, dans ce même gisement, que les artisans utilisaient des instruments massifs (Fig. 3). Dans ce cas, il s’agit d’un galet allongé dont la périphérie, dans sa partie distale, a été utilisée pour écraser une ressource végétale (Fig. 3: 1-2), probablement affin d’obtenir des fibres végétales qui pourraient plus tard être étirées avec la partie plate distale sur une autre surface dure —probablement une autre roche (Fig. 3: 3-6).



Figure 3. Instrument de Vale da Pedra Furada avec traces d'utilisation.

Nous avons pu également vérifier l’existence d’une grande variété d'instruments de différentes tailles et formes. Certains d'entre eux de taille considérable et qui ont été utilisés avec une préhension directe (tenus par la main) et d'autres qui ont dû être forcément emmanchés pour être utilisés efficacement (Clemente-Conte et al. 2017c). Au niveau de la production, l'utilisation de la percussion directe et la technique de la percussion bipolaire sur enclume est attesté. En plus, les bords et les fils ont été préparés à partir d'extractions ou d'encoches et aussi de retouches. Quant à elle, l'utilisation d'instruments massifs dans différents processus de production liés aux ressources animales et végétales et parfois aux minéraux est bien enregistrée.

Bien que la matière première utilisée pour fabriquer les instruments soit principalement des galets en quartz, sélectionnés pour leur qualité, dans les gisements situés entre les affleurements calcaires la variabilité des matières premières est plus importante; car sur certains de ces sites le quartzite joue un rôle plus important que dans les gisements situés dans la zone de la cuesta, au pied de la Seerra de Capivara. Une autre caractéristique à considérer dans cette zone géologique est que dans plusieurs de ces sites, les ossements d'animaux chassés et consommés sont préservés, comme c'est le cas de Toca da Pena et Toca da Janela da Barra do Antonião.

Comme pour les instruments en quartz, le même phénomène se produit avec les instruments en quartzite —en termes d'utilisation dans diverses activités et processus de production— bien que les traces sur les surfaces de quartzite soient enregistrées différemment car il s'agit d'une roche plus hétérogène (Clemente et al. 2014). Il convient également de noter dans les quartzites, l'utilisation à la fois d’éclats et de galets taillé dans lesquels les fils sont spécifiquement préparés (Fig. 4).



Figure 4. Site de Toca da Pena, pièce n ° 167825, un instrument massif en galet de quartzite avec un fils type « bec » confectionné à partir d'extractions unifaciales. Sur les photos, le micro-polissage dû au contact avec des matières animales de dureté tendre-moyenne, à la fois dans la matrice rocheuse et dans les cristaux de quartz (photo 2).

Sur le site de Tira Peia, comme à Toca da Pena, des instruments des deux matériaux (quartz et quartzite) ont été utilisés pour travailler diverses ressources. Cependant, à cette occasion, je voudrais simplement souligner l'utilisation d'un instrument en quartz, avec un tranchant denticulé, qui après utilisation a continué à être taillé. Un remontage de cinq fragments du même artefact le démontre (Fig. 5: 1).



Figure 5. Exemple des instruments à quartz de Tira Peia et les traces d'utilisation enregistrées sur leurs surfaces. Le n ° 1 est le remontage de plusieurs pièces constituant un tranchant denticulé.

À titre de réflexion


« L'application de la méthode tracéologique aux matériaux de la Serra da Capivara des niveaux pléistocènes, nous permet non seulement d’affirmer leur qualité de véritables instruments de travail —en raison de l’enregistrement des traces d’utilisation—, mais aussi qu’ils constituent des formes recherchées pour l'efficacité dans leur utilisation comme couteaux, perçoirs, instruments utilisés pour hacher ou couper dans des boucheries, instruments massifs pour écraser les fibres végétales, le travail de l'ocre ou autres minéraux, etc. »

Après avoir écrit les lignes précédentes, et à titre de réflexion, nous ajoutons seulement que l'application de la méthode tracéologique aux matériaux de la Serra da Capivara des niveaux pléistocènes, nous permet non seulement d’affirmer leur qualité de véritables instruments de travail —en raison de l’enregistrement des traces d’utilisation—, mais aussi qu’ils constituent des formes recherchées pour l'efficacité dans leur utilisation comme couteaux, perçoirs, instruments utilisés pour hacher ou couper dans des boucheries, instruments massifs pour écraser les fibres végétales, le travail de l'ocre ou autres minéraux, etc. Même de très petits instruments ont été utilisés qui devaient être forcément emmanchés pour être efficaces. En d'autres termes, les groupes qui ont habité cette zone géographique de Piauí pendant le Pléistocène, avec des occupations qui dépassent 40 000 BP, ont développé des stratégies pour exploiter les matières premières locales et transformer différentes ressources en produits ou biens de consommation. Ces produits leur ont permis de subsister sur ce territoire. Autrement dit, ils ont développé un niveau technologique pour le développement de la vie humaine dans ces conditions. À l'avenir, lorsque plus des travaux archéologiques seront effectués, et que l'utilisation d'autres instruments pourra être reconnue —par exemple, dans le bois ou les matériaux animaux durs (os, dents, cornes, etc.)—, nous pourrons connaître plus sur la technologie de ces groupes humains.



Bibliographie


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Terradas, X. (2001). La gestión de los recursos minerales en las sociedades cazadoras-recolectoras. CSIC.



A utilização de instrumentos como base para a compreensão do grau de desenvolvimento tecnológico


Ignacio Clemente-Conte

Archaeology of Social Dynamics (2017SGR995).

CSIC- Institución Milá y Fontanals (IMF). Barcelona.

http://www.asd-csic.es/


Citar este artigo

Clemente-Conte, Ignacio. "A utilização de instrumentos como base para a compreensão do grau de desenvolvimento tecnológico", 4 de abril de 2020.


Introdução

A traceologia aplicada nos materiais arqueológicos (Semenov 1964) não consiste apenas no estudo de traços de utilização, mas também inclui o estudo de outros tipos de traços vinculados a outros processos, tais como: a fabricação ou manutenção de instrumentos, alterações tafonômicas ou mesmo o estudo de marcas produzidas pelo transporte (Gyria 2004, Mazzucco e Clemente-Conte, 2013), entre outros. Portanto, esse método analítico, baseado na experimentação e comparação de resultados, é essencial para a aplicação, pois fornece informações e conhecimentos essenciais para abordar o estudo desses e de outros processos sociais (Clemente-Conte, 2017). Do ponto de vista teórico em que estamos baseados (Clemente-Conte, 1997 e Clemente-Conte et al. 2019), essas análises nos permitem classificar os restos líticos, como por exemplo, instrumentos, resíduos ou produtos descartados (Clemente-Conte, 1997; Briz et al., 2005). Considerando como instrumento ou ferramenta todos os vestígios arqueológicos que apresentam traços adquiridos em um processo de produção (matança, carpintaria, colheita etc.) expostos em suas superfícies, de modo que um instrumento ou ferramenta possa ser uma lasca, lâmina ou qualquer outro suporte retocado ou não retocado usado em uma atividade produtiva. Sabe-se por coincidência que em momentos diferentes da história determinadas bordos dos instrumentos são retocadas para que possam ser agarradas e não machuquem as mãos quando as bordas opostas foram usadas como elementos de corte por exemplo. Assim, alguns instrumentos retocados foram classificados como "raspadores" quando, na verdade, foram utilizados como facas (Clemente-Conte,1997; 2013). Consequentemente, uma simples classificação “tipológica” não explica a utilidade dos diferentes meios de produção, como instrumentos de trabalho, portanto, não nos ajuda a estudar o desenvolvimento tecnológico dos grupos humanos que os inserem em operação em seu trabalho produtivo.

Saber como uma população intervém no meio ambiente através do trabalho de exploração dos diferentes recursos, pode nos fornecer dados básicos sobre a organização do trabalho, os instrumentos utilizados e de que maneira foram produzidos os diversos bens de consumo necessários para a subsistência e reprodução dos seres humanos (Fig. 1). Para obter esse conhecimento sobre o grau de desenvolvimento tecnológico das sociedades estudadas, é necessário não apenas saber como são produzidos os diferentes instrumentos de trabalho, bem como os diferentes produtos e resíduos que são gerados durante as diferentes atividades desses processos produtivos, mas também é preciso saber como esses instrumentos foram usados ​​e em quais materiais eles foram trabalhados. Nos casos em que for possível, tentar também elucidar quem executou o trabalho (Clemente-Conte 2017).



Figura 1. Esquematização do papel do trabalho como meio de produção para obter bens de consumo (Terradas 2001, Clemente-Conte et al. 2019).




Aplicação da análise funcional aos materiais do Piauí


Existem vários sítios nos quais, analisamos materiais nos níveis macro e microscópico com diferentes graus de intensidade, praticamente em todos os locais estudados pela Missão Franco-Brasileira do Piauí. Assim, entre os sítios que pertencem à área de topo, ou seja, na área de arenito: certos materiais de Boqueirão da Pedra Furada, Sítio do Meio, etc., e com maior intensidade, Vale da Pedra Furada. Nos sítios localizados nos afloramentos de calcário, estudamos inteiramente a Toca da Pena e Tira Peia, e apenas alguns materiais da Toca da Janela da Barra do Antonião.

No entanto, as primeiras análises para identificar os traços de utilização nos materiais pleistocenos da Serra da Capivara foram realizadas pelo antropólogo norte-americano Dr. Robson Bonnichsen (1940-2004). Infelizmente, ele nunca publicou seus resultados, mas deve ser reconhecido pelo excelente trabalho em quatro peças do Boqueirão da Pedra Furada, encomendadas pela Sra. Dra. Niède Guidon. Nos relatórios enviados pelo Sr. Bonnichsen à Sra. Guidon, pudemos observar o registro de macro e micro-fotográficas que ele havia feito. Este pesquisador reconheceu a origem antrópica desses seixos de quartzo lascados e conseguiu localizar e registrar uma série de traços atribuíveis ao uso como instrumentos de trabalho. Infelizmente, a morte o surpreendeu antes que ele pudesse publicar esses dados e, assim, aprofundar esse campo de pesquisa com esses materiais tão antigos.

Aproveito a oportunidade para tornar pública uma das peças que ele analisou. É uma pedra de quartzo, com as iniciais nº 18326, com cerca de 8 cm de comprimento, que mostra uma série de extrações nos dois lados. Na sua extremidade distal, uma borda denticulada é formada devido ao uso. Devido às características dos traços, é um instrumento que trabalhou em um material abrasivo, de dureza média a dura, em uma ação de escovar / raspar, como indicado claramente pelos sulcos longos e profundos perpendiculares ao borda ativa (Fig. 2).


Figura 2. Peça n° 18326 de Boqueirão da Pedra Furada. Fotografias tiradas por R. Bonnichsen (1940-2004). Montagem de I. Clemente-Conte.

Cabe ressaltar que, a pesar de que a discussão sobre a origem antropogênica desses instrumentos continue hoje, o trabalho realizado por outros pesquisadores já demonstrou que a própria natureza não conseguiu obter certos tipos de instrumentos (que foram bem descritas nos trabalhos anteriores).


« A própria natureza não consegue obter certos tipos de instrumentos. »

Refiro-me principalmente ao trabalho experimental e à análise de materiais arqueológicos realizados pelo Sr. Dr. Eric Boëda, cuja bibliografia pode ser encontrada neste mesmo site. Assim, neste trabalho, foi possível determinar diferentes tipos de instrumentos, dentre os quais destacamos "rostres", "becs", "gumes denticulados", outros gumes transversais, etc.; bem como outros instrumentos massivos. A análise dos traços de utilização que realizamos nos permitiu determinar com maior confiabilidade que esses são verdadeiros instrumentos de trabalho, pois somente o contato com plantas, animais e / ou materiais minerais em diferentes ações podem ser a causa de alterações registradas nas superfícies.

A maioria das análises que realizamos ainda não foram publicadas. Na bibliografia compartilhada neste site, é possível acessar um trabalho em que apresentamos o experimento realizado para analisar os traços de uso nas peças de quartzo da Serra da Capivara (Clemente-Conte et al. 2017a), bem como os traços formados nos diferentes tipos de instrumentos no site Vale da Pedra Furada (Clemente-Conte et al. 2017b). Além disso, notamos o uso de encabamentos para certos instrumentos que, devido ao seu tamanho e morfologia, não poderiam ser utilizados de outra forma (Clemente-Conte et al. 2017c).

Assim, depois de analisar cerca de 400 instrumentos do Vale da Pedra Furada, pudemos verificar que, com poucas exceções, os "rostres" eram usados principalmente em atividades de corte e, em particular, em atividades de matança; enquanto os “becs” intervieram em ações transversais, sendo utilizados para trabalhar com materiais duros e menos duros (madeira, material de origem animal duro, etc.). Também pudemos verificar, nesse mesmo sítio, que os artesãos usavam instrumentos maciços (Fig. 3). Nesse caso, é um rolo alongado cuja periferia, em sua parte distal, foi usada para esmagar um recurso vegetal (Fig. 3: 1-2), provavelmente para obter fibras vegetais que poderiam depois serem esticadas com a parte plana distal sobre outra superfície dura - provavelmente outra rocha (Fig. 3: 3-6).


Figura 3. Instrumento de Vale da Pedra Furada com traços de uso.

Também pudemos verificar a existência de uma ampla variedade de instrumentos de diferentes tamanhos e formas. Alguns deles de tamanho considerável e que foram usados ​​com uma preensão direta (segurados pela mão) e outros que tiveram que ser encabados para serem usados ​​de forma eficaz (Clemente-Conte et al. 2017c). No nível de produção, é atestado o uso da percussão direta e a técnica da percussão bipolar sobre bigorna. Além disso, as bordas e os fios foram preparados a partir de extrações ou entalhes, e também a partir de retoques. Quanto ao uso de instrumentos massivos em diferentes processos de produção, vinculados a recursos animais e vegetais e, às vezes, a minerais bem marcados.

Embora a matéria-prima utilizada na fabricação dos instrumentos seja principalmente seixos de quartzo, selecionados por sua qualidade, nos sítios localizados entre os afloramentos de calcário, a variabilidade das matérias-primas é maior; porque em alguns desses locais o quartzito desempenha um papel mais importante do que nos sítios localizados na área de topo da Serra de Capivara. Outra característica a considerar nessa área geológica é que, em vários desses sítios, os ossos dos animais caçados e consumidos são preservados, como é o caso da Toca da Pena e da Toca da Janela da Barra do Antonião.

Assim como ocorre com os instrumentos de quartzo, o mesmo fenômeno ocorre com os instrumentos de quartzito em termos de uso em várias atividades e processos de produção, no qual, os traços nas superfícies de quartzito sejam registrados diferentemente porque é uma rocha mais heterogênea (Clemente et al. 2014). Também deve ser observado nos quartzitos, o uso de lascas e seixos lascados nos quais os gumes são especificamente preparados (Fig. 4).


Figura 4. Sítio da Toca da Pena, peça nº 167825, um instrumento maciço de seixo de quartzito com um gume do tipo “bec” feito de extrações de uma face. Nas fotos, micropolimento devido ao contato com recursos de origem animal de dureza mole-média, tanto na matriz rochosa quanto nos cristais de quartzo (foto 2).

No sítio Tira Peia, assim como na Toca da Pena, os instrumentos de ambos os materiais (quartzo e quartzito) foram usados para trabalhar com vários recursos. Nesta ocasião, gostaria apenas de enfatizar o uso de um instrumento de quartzo, com um gume denticulado, que após o uso continuou a ser lascado. Uma remontagem de cinco fragmentos do mesmo artefato demonstra isso (Fig. 5: 1).


Figura 5. Exemplo de instrumentos de quartzo de Tira Peia e traços de uso registrados em suas superfícies. O número 1 é a remontagem de várias peças que constituem um gume denticulado.

Consideração final

« A aplicação do método traceológico aos materiais da Serra da Capivara dos níveis do Pleistoceno, permite não apenas afirmar sua qualidade como instrumentos reais de trabalho por causa do registro de traços de utilização, mas também por se constituírem em formas, no qual, se buscou a eficiência no uso como facas, perfuradores, instrumentos para cortar em sítios de matança, já os instrumentos maciços para triturar fibras vegetais, ocre ou outros minerais. »


Após escrever as linhas anteriores e, como reflexão, acrescentamos apenas que a aplicação do método traceológico aos materiais da Serra da Capivara dos níveis do Pleistoceno, permite não apenas afirmar sua qualidade como instrumentos reais de trabalho por causa do registro de traços de utilização, mas também por se constituírem em formas, no qual, se buscou a eficiência no uso como facas, perfuradores, instrumentos para cortar em sítios de matança, já os instrumentos maciços para triturar fibras vegetais, ocre ou outros minerais. Até instrumentos muito pequenos foram utilizados, os quais tiveram que ser necessariamente ajustados para serem eficazes. Ou seja, os grupos que habitaram essa área geográfica do Piauí durante o Pleistoceno, com ocupações superiores a 40.000 BP, desenvolveram estratégias para explorar as matérias-primas locais e transformar diferentes recursos em produtos ou bens de consumo. Esses produtos permitiram a subsistência nesse território. Em outras palavras, eles desenvolveram um nível tecnológico para o desenvolvimento da vida humana sob essas condições. No futuro, quando mais trabalhos arqueológicos forem realizados e o uso de outros instrumentos puder ser reconhecido por exemplo, em madeira ou materiais duros de animais (ossos, dentes, chifres, etc.), será possível obter mais informações sobre a tecnologia desses grupos humanos.



Bibliografia

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Terradas, X. (2001). La gestión de los recursos minerales en las sociedades cazadoras-recolectoras. CSIC.

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